Bonjour à tou(te)s,

Je vous présente ma dernière réalisation. Un surcot à manches 3/4.

Personnage : femme de la petite noblesse

Période : deuxième moitié 13e

Tissu : laine et soie tissage diamant à la main par Wood-N-Woven sur commande (USA)

Les sources de travail :

J'ai travaillé sur deux sources que j'aime beaucoup. L'une de la première moitié 13e et la seconde fin 13e. On peut remarquer le vêtement a gardé son utilité et sa forme constantes tout au long du 13e siècle. Contrairement au surcot représenté sur la bible en Ski, les manches sont 3/4 et assez larges.

Image 1 : pierre tombale de Dame Aalix, début 13e, région de Senlis. Musée de Senlis


Image 2 : Isabelle de France, vers 1300 environ. Exposition Saint-Louis

La largeur des manches et leur longueur est justifiée, à mon sens, par deux choses : l'une pratique et l'autre esthétique.
Pour l'avoir porté, les manches courtes ne laissent pas forcément le froid entrer et j'ai pu me recoiffer à plusieurs reprises sans être gênée.
L'autre avantage, esthétique, il permet de montrer la richesse du tissu de la cotte et de frimer cf. Image 3.


Image 3 : détail des manches : on voit les manches de la cotte et la quinzaine de boutons qui orne chacune des manches.

J'ai bien fait le tour de la statue pour avoir une idée de l'ampleur du vêtement. Il est certes large, mais pas tant que ça. En tous cas, il semble moins large qu'une cotte.


Image 4 : vue sur le côté et l'arrière : permet d'apprécier l'ampleur du
vêtement.

L'aisance dans les mouvements est donnée par les fentes des deux côtés qui montent jusqu'au genoux et le libère.
Là aussi, nous voyons une marque de richesse, plus d'une cinquantaine de boutons par côté.


Image 5 : vue des fentes sur le côté. Plus d'une cinquantaine de boutons et, bien visible, un cordon longe le côté opposé en formant des boucles en guise d’œillets.

Comme sur la statue du tentateur de Strasbourg ou, encore, sur la statue du fils de Saint-Louis, à Cluny aucune certitude que ces boutons servent à fermer le vêtement, ils sont purement décoratifs (cf. Le costume médiéval au 13e siècle, T. Anderlini).

Ma réalisation :

Pas de patron autre qu'un patron de cotte mais avec une laie centrale assez large. Pour ma part, je ne pouvais faire moins de 90cm, je ne voulais surtout pas tailler dans mon tissu Razz .


Image 6 : la réalisation.



Image 7 : détail des cinquante boutons par côté et surtout le tissage du tissu.


Image 8 : montage des boutons selon la technique postérieure cf.

Voilà flower